Maître d’ouvrage SARL FUCSHIA
Maître d’oeuvre ZoomFactor Architectes, mandataires
A.M.O. UpFactor
BET Fluides L’Atelier des Fluides
BET Acoustique CDB Acoustique
Programme Surélévation
Surface (SDP) 473 m²
Coût NC
Calendrier 2018

Situé sur le boulevard de Grenelle, ancienne frontière séparant Paris du village de Grenelle autrefois matérialisée par le mur des Fermiers Généraux (XVIIIe s), le projet permet la création de 8 logements dont 3 logements sociaux sur 4 niveaux et le réaménagement de la boutique du RDC.

Parti architectural >

Le projet vient combler une dent creuse et tire profit de la faible hauteur du bâtiment existant pour l’utiliser comme un socle. L’écriture marquée des façades vitrées existantes est prolongée dans les niveaux supérieurs pour créer un quadrillage dans lequel se développe le projet par un jeu de matériaux : la façade est revêtue d’un bardage en aluminium thermolaqué gris clair, et les menuiseries sont traitées en aluminium laqué de teinte bronze qui, accompagnées de volets coulissants à lames orientables dans les mêmes tons, soulignent la trame générale du projet.

Le long du boulevard de Grenelle, la façade réinterprète la composition des façades urbaines : socle, corps, couronnement. Les 3 premiers niveaux du projet sont prévus en saillie de la façade tandis que le dernier niveau positionné à l’aplomb de la façade du rez-de-chaussée crée un attique avec balcon filant. Sur la rue perpendiculaire, la façade se développe sur 4 niveaux identiques, soulignant la verticalité de la séquence d’immeubles étroits voisins. La toiture terrasse est végétalisée et accessible à l’ensemble des futurs copropriétaires et locataires.

Caractéristiques techniques >

Le procédé constructif repose sur l’utilisation de modules tridimensionnels en acier, préfabriqués en usine, de la structure aux finitions intérieures, qui sont livrés sur site pour assemblage et raccord uniquement. Les modules sont formés de deux châssis (planchers) formés par des profils de structure d’acier laminé de section H ou I, liaisonnés à des supports tubulaires métalliques formant poteaux. Sur le châssis inférieur, le plancher est formé par des panneaux de bois massif CLT. L’intégralité de la construction des modules y compris second œuvre et installations d’eau, évacuations, ventilation, production d’eau chaude et chauffage est réalisée en atelier avec tests de performance avant le transport et le grutage des modules sur site. Une fois mis en place, seuls restent les raccords des gaines et tuyaux entre modules et le branchement de tous les services au réseau général (environ 8 semaines). Ce choix innovant permet de réduire par quatre les délais d’exécution des travaux.
L’ensemble des modules composant la surélévation est notamment posé en seulement 3 jours (9 modules par jour). Cette approche novatrice du projet réduit également les nuisances et risques du chantier, puisque la fabrication des modules est réalisée en usine dans un environnement maîtrisé et les travaux lourds, en site occupé, sont limités à la pose des modules.
Sur le plan structurel, les modules du premier niveau de surélévation sont posés sur un ceinturage métallique dont le rôle est de diffuser les charges sur les appuis au sol de la structure. Cette surcharge occasionnée par l’ajout de 4 niveaux sur une structure de 2 niveaux nécessite un renfort ponctuel des fondations mais aussi des superstructures. La structure est également dimensionnée de manière à pouvoir supporter les charges de la toiture terrasse végétalisée qui surplombe un dispositif de rétention des eaux pluviales. Ce dernier est constitué de plaques en nid d’abeille d’épaisseur 40mm et permet de répondre au plan zéro-rejet de la ville de Paris.

Environnement >

Le développement de ce projet de surélévation, dans une situation de dent creuse urbaine, permet de réduire les déperditions thermiques des immeubles mitoyens en supprimant toutes les surfaces nues des pignons aveugles. Mais ce type de projet améliore aussi le comportement thermique intrinsèque du bâtiment puisque la surélévation est une manière de rénover les toitures existantes dégradées et peu isolées tout en augmentant la compacité du bâtiment. La nouvelle volumétrie présente ainsi une proportion plus faible de surfaces exposée à l’air extérieur.

Au dernier niveau, la toiture-terrasse abrite les dispositifs de production de chaleur et d’eau chaude sanitaire des logements créés qui est assurée par des pompes à chaleur air/eau, permettant d’atteindre les exigences thermiques du Plan Climat de la Ville de Paris (80KW/M²/an), mais également toute une partie de toiture végétalisée. Cette dernière intègre de la verdure sur cette parcelle intégralement bâtie où la plantation d’arbres et d’arbustes conventionnels est inenvisageable. Ce développement de biodiversité est appréciable tant à l’échelle du bâtiment que dans le paysage urbain puisqu’il participe au stockage du CO2 par photosynthèse. Enfin, en combinant une bonne isolation du bâtiment avec une augmentation importante de l’inertie du bâtiment, ce type de toiture réduit l’impact de l’îlot de chaleur urbain.