Maître d’ouvrage COVEA Immobilier
Type de marché Privé
Architecte mandataire Franklin Azzi Architecture
MOEX et OPC ZoomFactor Architectes
Programme Surélévation d’un immeuble existant, création de 5 logements
Surface (SDP) 410 m²
Type de mission Travaux
Coût NC
Calendrier Chantier en cours

Situé face au bassin de l’Arsenal, dans le 4e arrondissement de Paris, sur le boulevard Boudon qui servait autrefois de quai au bassin et longeait l’extérieur de l’enceinte de Charles V (XIVe s), ce projet consiste en la surélévation de 3 niveaux d’un immeuble d’habitation datant du début du XXe s permettant la création de 5 logements. La maîtrise d’ouvrage a fait appel à l’agence ZoomFactor Architectes pour son expertise sur le suivi des chantiers de surélévation afin de superviser ce chantier en milieu occupé et dans un environnement urbain dense.

Parti architectural >

L’immeuble existant présentait une configuration en dent creuse, plus bas de deux niveaux que ses voisins directs. Le projet, procédant à la démolition de la toiture et de l’étage de combles, permet de combler la dent creuse et de venir s’aligner sur les hauteurs des bâtiments voisins. Remplaçant l’étage de combles, le 5e étage s’implante en continuité de la façade existante tandis que les 6e et 7e étage sont implantés en retraits successifs, s’harmonisant ainsi avec les façades voisines et permettant de bénéficier d’espaces extérieurs. Les niveaux créés, revêtus d’un bardage en panneaux de fibro-ciment teintés dans la masse, rappellent par leur minéralité et leur teinte l’écriture des premiers niveaux du bâtiment. Le rythme des percements créés respecte également la trame des niveaux inférieurs en y ajoutant une trame interstitielle de manière à maximiser les surfaces vitrées. Pour s’inscrire dans la continuité de l’immeuble existant, les menuiseries sont en métal beige clair, et sont équipées de persiennes métalliques pliantes. Les garde-corps sont également constitués de barreaudages métalliques rappelant le fer forgé des niveaux inférieurs. Le dernier niveau, en attique, est constitué d’un mur rideau entièrement vitré. La toiture de l’immeuble est une toiture-terrasse végétalisée à usage privatif.

Caractéristiques techniques >

Le système constructif est un système d’ossature et de façade légères avec des panneaux prédécoupés en bois type CLT de 16cm d’épaisseur. La façade est constituée d’un bardage sur ossature comprenant 15cm de laine de roche (R=4.2). La fabrication des panneaux est effectuée en usine dans un environnement parfaitement maîtrisé. Ils sont acheminés sur site et grutés pour être assemblés avant de commencer le second œuvre.
Ce système permet de limiter la durée du chantier et les nuisances aux occupants et aux voisins grâce à l’absence d’opérations de gros œuvre sur site. C’est un point essentiel dans la gestion d’une opération aussi complexe. De plus, afin de protéger le bâtiment des intempéries, un parapluie a été mis en place sur l’échafaudage: ce dernier couvre la totalité du dernier niveau et permet d’assurer une étanchéité à l’eau parfaite pendant les travaux de démolition. Il est par la suite remplacé par une étanchéité bitumineuse provisoire permettant de libérer l’accès pour gruter les panneaux de CLT. La structure en CLT est légère tout en présentant des caractéristiques structurelles intéressantes. Ainsi le plancher du dernier niveau est dimensionné pour supporter les charges de la toiture terrasse végétalisée qui surplombe un dispositif de rétention des eaux pluviales. Ce système est constitué de plaques en nid d’abeille d’épaisseur 40mm et permet de répondre au plan zéro-rejet de la ville de Paris.

Environnement >

Le développement d’un projet de surélévation dans une situation de dent creuse urbaine permet de réduire les déperditions thermiques des immeubles mitoyens en supprimant toutes les surfaces nues des pignons aveugles. Mais ce type de projet améliore aussi le comportement thermique intrinsèque du bâtiment puisque la surélévation est une manière de rénover les toitures existantes dégradées pour réduire les déperditions thermiques tout en favorisant l’augmentation de la densité urbaine et la création d’ensembles urbains compacts qui présentent une proportion plus faible de surfaces exposées à l’air extérieur.
La création d’une toiture-terrasse végétalisée a quant à elle plusieurs avantages. Elle intègre de la verdure en des lieux où la plantation d’arbres et d’arbustes conventionnels est inenvisageable, notamment sur cette parcelle qui présente une cour pavée. Ce développement de biodiversité est appréciable tant à l’échelle du bâtiment que dans le paysage urbain puisqu’il participe au stockage du CO2 par photosynthèse. Enfin, en combinant une bonne isolation du bâtiment avec une augmentation importante de l’inertie du bâtiment, ce type de toiture réduit l’impact de l’îlot de chaleur urbain.

Images: Franklin Azzi Architecture http://www.franklinazzi.fr/

Photos chantier :

Photos: ZoomFactor Architectes